Comment on situe la saison des cépages
Les vignerons veulent savoir si un cépage débourre, fleurit et commence à mûrir avant ou après un autre. Cette page explique d'où vient notre réponse et jusqu'où s'y fier.
Comparer avec tous les cépages →
Ce qu'on mesure
Trois stades : le débourrement, la floraison et la véraison (les baies commencent à changer). On compile 2 508 dates publiées, pour 173 cépages sur l'échelle principale, tirées de 72 combinaisons de stade, d'endroit et d'année, à 7 endroits, de 1992 à 2021.
- USDA GRIN : collections de Geneva (N.-Y.) et de Davis (Calif.), la plus grande source
- Université du Vermont : fiches annuelles, South Burlington, 2009 à 2014
- Iowa State University : Gilbert (Iowa), 2006 et 2011 à 2014
- CRAM de Mirabel : vignoble de l'Abbaye d'Oka, Québec, 2010 et 2013 à 2015
- UMass Fruit Notes : Belchertown (Massachusetts), 2019 et 2021
- Université du Wisconsin : West Madison, 2021
- Cornell, essai de Willsboro : New York, moyenne de 2010 à 2014
- Étude en Nouvelle-Écosse : vallée d'Annapolis, moyenne de 2017 à 2019
Comment on aligne les saisons
Une date seule dit peu de chose : un printemps chaud devance tout. Chaque saison reste donc séparée, et la place d'un cépage se lit par rapport aux autres mesurés la même saison.
Les sources se relient par les cépages qu'elles ont en commun. Si un vignoble n'a que X, E et F, et qu'un autre a E et F avec le Marquette, on peut situer X parmi tous ceux-là. Deux saisons se relient seulement si elles partagent au moins 3 cépages.
Certaines saisons écartent aussi davantage les cépages : à Geneva, le débourrement s'est étalé environ deux fois plus qu'à l'habitude en 2012. Le modèle en tient compte, mais seulement quand une saison a beaucoup de cépages en commun avec les autres.
Ce qu'on met de côté
Les données publiées contiennent des erreurs. Tout ce qu'on retire est inscrit dans nos fichiers, avec la raison.
- La véraison du Vidal à Geneva : jusqu'au 7 octobre, bien plus tard que les autres mesures du Vidal. On utilise plutôt les valeurs du Massachusetts.
- Des doublons dans une étude de Davis de 2009 : 19 cépages inscrits deux fois, la deuxième copie exactement 31 ou 32 jours plus tard. On garde la copie qui concorde avec les autres années à Davis.
- L'endroit de la mesure vient de l'étude, pas de l'endroit où les plants sont conservés aujourd'hui.
- Les valeurs très loin de ce que le reste de la saison prédit sont montrées par des marques vides et ne comptent pas. Chacune est jugée selon le bruit de sa propre saison, pour ne pas pénaliser une année plus difficile.
- Les moyennes de plusieurs années ne sont jamais traitées comme une saison. Elles servent seulement à situer des cépages sans autres données, comme le Sabrevois, et ceux-ci sont identifiés.
Quelle est la précision ?
On cache des valeurs que le modèle n'a pas vues et on tente de les deviner. Voici l'erreur typique, en jours : la moitié des essais tombent plus près.
| Stade | Date moyenne du cépage | Avec les saisons alignées | Nouvelle source, 3 cépages en commun seulement |
|---|---|---|---|
| Débourrement | 7,5 jours | 2 jours | 2,7 jours |
| Floraison | 3 jours | 1,3 jour | 1,6 jour |
| Véraison | 5 jours | 3,2 jours | 5 jours |
En pratique : un écart de 2 ou 3 jours ne veut pas dire grand-chose. La floraison est le stade le plus fiable. La véraison l'est le moins, et une mauvaise année peut encore déplacer un cépage qui a peu de saisons.
Dans des tests séparés, prédire une nouvelle année à un endroit connu fonctionne mieux stade par stade : la chaleur depuis le 1er mars pour le débourrement (environ 3 jours d'erreur), la chaleur depuis le débourrement pour la floraison (environ 2 jours) et simplement le nombre de jours après la floraison pour la véraison (environ 4 jours), quand la date précédente est connue. Le graphique n'utilise pas ces prédictions.
Ce que ça ne peut pas vous dire
- Le Québec n'est pas entièrement testé. Oka est notre seul vignoble québécois, et ses saisons utilisent des définitions de stades différentes : on ne peut donc pas y vérifier correctement nos prédictions.
- Davis est à part. Ses cépages, surtout des vinifera, en ont trop peu en commun avec les autres : ils ont donc leur propre échelle et ne sont pas comparables.
- Les définitions varient. La « véraison » peut vouloir dire la première couleur à un endroit et les baies molles à un autre. L'alignement des saisons en absorbe une partie, pas tout.
- Le graphique n'utilise pas la météo. Il compare les cépages entre eux, saison par saison. Il ne dit rien du mûrissement après la véraison, quand les automnes frais ralentissent tout.
- Moins de saisons, moins de certitude. Chaque cépage indique le nombre de saisons et d'endroits derrière sa place. Une seule saison est un indice, pas un verdict.
On essaie juste de donner un coup de main : ce sont des données publiques et gratuites, venues des vignobles des autres, et le vôtre aura ses propres opinions. Jasez avec des vignerons de votre coin et votre pépinière avant de planter 2 000 plants à cause d'un point sur un site web : on ne pourra pas en être responsables (ni de ce que diront les voisins).